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TRANSACTION ET RUPTURE NEGOCIEE LA TRANSACTION NE PEUT AVOIR POUR FINALITE DE DETERMINER LAUTEUR DE LA RUPTURE : " Attendu que pour décider que le " protocole daccord " constituait une transaction valable et rejeter les demandes du salarié, larrêt énonce que le litige est né de lappréciation divergente des parties sur limputabilité de la rupture ; que le protocole est intervenu alors que la rupture avait dores et déjà été décidée par le salarié dans sa lettre du 2 janvier 1999 ; que le " protocole daccord " expose avec précision les données du litige, M. R. considérant que la rupture était du fait de lemployeur et ce dernier estimant, au contraire, quil sagissait dune démission ; que, compte tenu du litige sur la qualification de la rupture démission ou licenciement -, pour lequel aucune des parties na voulu envisager laléa dun procès, il apparaît que la Société K. a satisfait à ses obligations en acceptant de considérer la rupture comme un licenciement, en allouant à son salarié une indemnité forfaitaire que le salarié naurait pas été fondé à solliciter en cas de démission et en renonçant à demander paiement dune indemnité de préavis et de dommages-intérêts pour brusque rupture ; que, de même, M. R a écarté la possibilité dobtenir paiement de lintégralité des indemnités de rupture ; quil sensuit que la solution transactionnelle intervenue est le résultat de concessions réciproques des parties ; quen statuant comme elle la fit, alors que le " protocole daccord " du 11 janvier 1991 a pour objet essentiel de déterminer lauteur de la rupture du contrat de travail, la Cour dAppel a violé les textes sus-visés" (Cass. Soc. 16/07/97, n° 94-42.283).
LACTE CONCLU DEUX MOIS APRES LE LICENCIEMENT EST UNE TRANSACTION ET NON UN ACCORD DE RUPTURE AMIABLE : " Attendu, selon larrêt attaqué, que M. G., engagé en 1963 par la Société U. en qualité daide-comptable et devenu cadre, a été licencié le 29/09/87 avec un préavis expirant le 29/12/87 ; quà cette dernière date, il a signé deux reçus pour solde de tout compte dont lun portait sur un solde de salaire et lautre, sur une indemnité de licenciement de 234.319 F ; que, le 31 décembre suivant, il signait un acte établi par la société, aux termes duquel il acceptait une " rupture amiable " de son contrat de travail sous réserve que lui soit versée, à titre transactionnel, la somme de 234.319 F déjà visée dans le reçu pour solde de tout compte ; quaprès avoir reçu cette somme, le salarié a dénoncé les reçus pour solde de tout compte et saisi le Conseil de Prudhommes pour voir déclarer que lacte signé le 31/12/87 nétait pas valable et obtenir un complément dindemnité de licenciement ; Attendu que, pour débouter le salarié de ses demandes, la Cour dAppel sest bornée à énoncer quainsi que lavait retenu le Conseil de Prudhommes, lacte signé le 31/12/87 était " laboutissement dune rupture négociée du contrat de travail permettant à M. G de quitter la Société U. avant lâge normal de la retraite " ; Quen statuant ainsi, alors quelle avait constaté que cet acte avait été conclu deux mois après le licenciement, ce dont il résultait quil ne pouvait être considéré comme une rupture amiable, mais comme une transaction destinée à régler les conséquences pécuniaires de ce licenciement, la Cour dappel, qui na pas caractérisé les concessions réciproques conditionnant la validité dune transaction, na pas donné de base légale à sa décision ; " (Cass. Soc. 21/06/95 n° 91-45.806 P).
" Mais attendu, dune part, quayant constaté que le salarié, auquel une faute grave était reprochée, avait été convoqué à un entretien préalable pour le 18/07/91, la Cour dAppel a fait, par là-même, ressortir quil existait entre les parties, lors de la conclusion de la convention, un litige sur la rupture du contrat de travail qui excluait toute rupture dun commun accord ; que, hors toute contradiction, elle a, dès lors, décidé à bon droit que la convention du 18/07/91 constituait une transaction ; Et attendu, dautre part, quune transaction ne peut être valablement conclue quune fois la rupture devenue définitive par la réception, par le salarié, de la lettre de licenciement ; que larrêt relève que lemployeur sétait abstenu de procéder au licenciement du salarié ; quil en résulte que la transaction était nulle ; que, par ce motif, substitué à ceux critiqués, la décision attaquée se trouve légalement justifiée " (Cass. Soc. 06/05/98 n° 96-40.610 P). Maître
Guillaume SAHUC Avocat à la Cour
Lauréat de la Faculté
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